dimanche 12 avril 2015
dimanche 29 mars 2015
samedi 21 mars 2015
Tempête avant le calme
J'ai vu des villes à bascule
Chevauchées par des nains
Sans vergogne
Et des siècles en poussière
Hurlant sous les sabots
Des guirlandes de gueux
Acclamant les nabots
Devant les banques blêmes
De lingots éclatants
J'ai vu de vieux archanges
Aux ailes de papier-
monnaie
Jetés jusqu’aux cieux
Puis, flétris, retombant
Dans l'escarcelle du mendiant
Qui s'éveillant surpris
Et s'en fut roupillant
Aux faces minérales des passants
Dépassés
J'ai vu l'avidité
Comme un grand léopard
Enseveli déjà sous
Un amas d'argent
J'ai vu des animaux
Mais peut-être des gens
J'ai vu toute une rue
Qu'on vendait à l'encan
Et des gratteurs de sols
Des faiseurs de boucan
Ils tentaient d'arracher
Un sourire à la Terre
J'ai vu les gris silos
Austères d'un parking
Lever un rictus impossible
Après un bon lifting
Sur des autos crachant
De la fumée
Quand les lèvres d'asphalte
Un jour se desserrèrent
J'ai vu le pied fossilisé
D'un piéton piétinant
Sur un tapis rrrroulant
Du derrière ou des yeux
De derrière un écran
Chère Madame, Cher Monsieur
J'ai vu sous les feux bleus
La face lisse du bon sens
Comme un petit billet
Qu'on glisse
Dans la tire lire
Du destin
Votez, votez pour moi
J'ai vu un bon matin
Dans les vapeurs d'essence
Quantité de catins
Lavées d'oubli
Et déjà vierges
Pour un jour de guichets
Aguichantes nymphettes
Fardées au téléphone
Pour quel satyre correct
J'ai vu le visage bouffi de l'Etat
Mâchonnant son chewing-gum
Au goût de temps sans fin
J'ai vu la figure de figue
Fatiguée du patron des patrons
Des patrons
On cueillait, dès potron
Minet, ses mots sacrés
Avec une gaule adéquate
Des cas farcis d'allocations
De rentes, de pensions
De fins fraudeurs
Truquer le tourniquet
Pour accéder au quai
De faux évangélistes
Aveugles ou mutilés
De vie
J'ai vu des silences
Apocryphes
Aux becs bénis
Des commères
Et derrière le zinc
Un brindezingue
Crié vrillé puis qui vacille
J'ai vu le baiser
Carrelé du sol sale
Je n'ai rien vu du tout
Etienne Orsini
© Etienne Orsini
dimanche 15 mars 2015
La Dame et la Barque : plus qu'un disque, une rencontre !
C'est un très beau projet qui va voir le jour dès la fin du mois de mars.
Xanthoula Dakovanou & l'ensemble Anassa se jettent enfin à l'eau pour nous faire vivre, avec La Dame et la Barque, une aventure musicale inédite entre la Grèce et l'Inde.
Les 11 morceaux du disque, pour la plupart des créations, méritent tous le détour !
Vous apprécierez notamment le jeu subtil entre la voix de l'artiste et le son de la flûte bansuri, le vol polyphonique des hirondelles noires épirotes, la montée des eaux de la Mer du Nord rythmée par le santouri et, last but not least, la 1ère lettre de St Paul aux Corinthiens, en V.O., devenue un envoûtant et universel hymne à l'amour : "The Happy Yogi Song".
Pour découvrir l'album et même le soutenir (!) :
La Dame et la Barque
Une interview de Xanthoula sur ce site
Concerts de polyphonies corses, le vendredi 27 mars et le samedi 18 avril
Le groupe A Stonda, donnera deux concerts de polyphonies corses à Paris :
- VENDREDI 27 MARS à 20h30, dans le cadre du Festival 10 de Choeurs
Eglise St Martin des Champs – 36 rue Albert Thomas 75010
Avec le groupe polyphonique béarnais Las que cantan.
Pétersbourg, 75008 Paris
aux frais bienvenue.
samedi 28 février 2015
Selon le fleuve
Hors des calices
Coule le sang
D'une douleur répandue
J'écoute au fleuve
L'écho de la Lumière
Sainte et profane
[...]
Extrait de Selon le Fleuve
un poème, accompagné de 13 photographies.
Ces images n'ont fait l'objet d'aucune retouche, d'aucun "trucage", si ce n'est peut-être par la Nature elle-même.
poème et photo© Etienne Orsini
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